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Le pèlerinage de Saint Jacques-de-Compostelle avec les Missions Africaines, quel message d’espérance ?





Dans le souci de vivre son esprit de famille, la SMA a organisé du 15 au 25 juillet dernier, un pèlerinage sur le chemin de Saint Jacques-de-Compostelle en Espagne.

Saint Jacques-de-Compostelle est la capitale de la Galice, une région située au nord-est de l’Espagne. Selon les informations, la dépouille de l’Apôtre Saint Jacques se trouverait dans la Cathédrale de Saint Jacques-de-Compostelle, consacrée en 1211. Ce pèlerinage visait un parcours de 160 km en 8 jours, avec une moyenne de 20 km/jour. Il a regroupé les provinces SMA de Lyon, Espagne, Italie et Strasbourg.

Nous vous partageons l’expérience de cette première édition du pèlerinage ainsi que quelques enseignements reçus.

L’expérience du parcours sur le chemin de Santiago

Le pèlerinage a débuté à O Cebreiro, une petite campagne dans la région de la Galice. Nous étions 11 pèlerins dont 2 accompagnateurs. Avant le départ, le 17 juillet, toutes les formalités ont été remplies. Les carnets de pèlerinage nous ont été distribués en vue de leur cachetage tout au long de notre parcours jusqu’à Santiago de Compostela.

Chaque jour, avant le départ nous confions notre voyage au Seigneur, Maître du Temps et de l’Espace. Il y avait des indications symbolisées par les monuments sur lesquels nous avions le coquillage et une flèche. Aucun pèlerin, aussi seul qu’il soit, ne peut se perdre, grâce à ces indices. Tout le long du trajet, le temps nous a toujours été clément. Nous avons fait de nombreuses rencontres et partagé sur nos expériences de vie.

Malgré la fatigue qui se faisait sentir chez les pèlerins, nous lisions sur leurs visages : le sourire, le courage, une détermination visant chacun à atteindre son but, acquérir le flambeau de l’espérance, celui d’arriver à Jacques-de-Compostelle. Les salutations telles que « Buen camino » qui signifie « Bon voyage » ne manquaient jamais aux pèlerins. La difficulté, c’est que route faisant, nous aimerions plus échanger mais la langue faisait défaut, dans le sens que nous venons de différents horizons du monde. Mais pour nous, animateurs missionnaires, l’usage de l’anglais était un atout, car il nous a permis de communiquer avec de nombreux jeunes que nous avions rencontré.

Sur les chemins de Saint Jacques de Compostelle

Nous avons beaucoup admiré le beau paysage, les beaux champs, les nombreux fermiers qui faisaient paître leur troupeau de bétails. Dans chacune des 8 stations, la célébration eucharistique rassemblait les pèlerins. Ceux et celles qui se retrouvaient dans les mouvements, comme la chorale s’organisaient pour animer la messe le soir. Pendant les temps de célébration, les jeunes comme les personnes âgées bénissaient le Seigneur pour la journée de marche et lui confiaient le reste du trajet.

Le 24 juillet, le soleil se trouvait au zénith lorsque nous avions fait notre entrée à Santiago de Compostela. Notre pèlerinage fut couronné par une messe d’action de grâce dans la cathédrale monumentale de Saint Jacques-de-Compostelle. Nous avons été touchés d’une façon particulière lors de ce pèlerinage par les belles décorations artistiques des églises qui nous élevaient à la contemplation du Dieu Transcendant, à son amour infini qui donne à l’homme des potentialités de représenter par l’art les réalités bibliques. La gigantesque Cathédrale de Saint Jacques-de-Compostelle est bien une réalité tangible qui nous révèle un avant-goût du Royaume de Dieu, le Paradis auquel tout être humain aspire. Les célébrations eucharistiques étaient très riches en enseignement et en symboles, voire une source qui pourra aider notre église à grandir davantage.

Saint Jacques de Compostelle

L’évangélisation comme témoignage de joie

Nous sommes appelés à devenir des évangélisateurs. Aujourd’hui, nous n’avons plus besoin de la bouche pour parler. Il y a plusieurs manières de parler. C’est toute notre vie qui doit refléter cet évangile pour que les gens viennent à Jésus et à croire en Lui. En effet, l’évangile trouve pleinement son sens si nous communiquons l’espérance à nos frères et sœurs en humanité. C’est pourquoi l’Encyclique « Evangelii Gaudium » soutient que l’évangile se fait bonne nouvelle en étant annoncée avec la joie, et que nous devons être des êtres joyeux.

Ainsi, la nouvelle étape de l’évangélisation doit être marquée par la joie (cf EG, no1). C’est d’ailleurs ce message de joie qui animait chacun des pèlerins tout au long du parcours. Notre monde peut donc être transformé de l’intérieur avec notre manière de vivre l’évangile. La joie est comme une source d’eau vive dans laquelle chaque personne pourra venir se désaltérer.

L’évangélisation comme résurrection

Nous proclamons la résurrection de notre Seigneur Jésus. Aujourd’hui, force est de constater que les gens ne croient pas en la résurrection. Pour certains, la résurrection, c’est la réincarnation ; lorsqu’on meurt, on revient sous d’autres formes de vie. Pour d’autres encore, c’est un simple fait historique, ce sont des histoires : tu vis comme tu es et après la mort, c’est fini, pas besoin d’aller plus loin. Certains fidèles chrétiens n’ont pas cette notion de résurrection.

Mais nous célébrons la résurrection à chaque fois que nous célébrons l’Eucharistie, nous faisons le mémorial de la résurrection du Christ et de notre résurrection : c’est cela la vie chrétienne. La douceur doit gagner le cœur du chrétien pour que la Parole gagne le cœur du monde et que le monde croit en cette résurrection. Être chrétien aujourd’hui, c’est être convaincu de la résurrection et être prêt à vivre cette résurrection. C’est cette annonce joyeuse que le Christ nous demande aujourd’hui. Avant d’être porteur de cette annonce de l’évangile, nous devons être des hommes ressuscités. Malheureusement, nos comportements et nos agissements ne témoignent pas toujours de cette résurrection. Comment le monde arriverait-il à croire et à vivre cette résurrection?

Le pèlerinage de Saint Jacques-de-Compostelle est passionnant vu son caractère de rencontre, de partage, de prière et de convivialité. Il ravive notre espérance de l’avant-goût du bonheur qui attend ceux qui persévèrent malgré les difficultés, les découragements, les doutes etc.

La belle collaboration, la joie et la prière nous ont donné envie d’organiser ce pèlerinage tous les 2 ans. Penser à l’avenir de la SMA et améliorer l’esprit de famille SMA, c’est initier des expériences qui nous unissent et nous ouvrent au monde extérieur.

Cette culture d’ouverture est extrêmement positive pour les jeunes et la famille SMA. Car elle aidera les jeunes, confrontés à de nombreux défis et opportunités, à trouver un sens à leur vie, surtout les jeunes qui sont à la recherche de communautés authentiques et accessibles qui les accompagnent, qui les fassent grandir et les valorisent. Pour cela, nous sommes appelés à nous inscrire dans la dynamique du thème de la XVème Assemblée Générale Ordinaire du Synodes des Evêques (du 3 au 28 octobre) : Les jeunes, la foi et le discernement vocationnel.

 

Père Emile Kouakou APPRABOE
Animateur missionnaire, Province de Lyon,
akmile@yahoo.fr