Le regard tourné vers les étoiles

Le père Pierluigi Maccalli a vécu deux ans de captivité dans le désert du Sahel avant sa libération le 8 octobre 2020, au Mali. Prêtre italien de la Société des Missions Africaines, il poursuit aujourd’hui sa mission en transmettant un message d’espérance.

Les pieds enchainés mais le cœur libre, toujours sensible à la caresse du Seigneur, c’est ainsi que le père Maccalli, enlevé en septembre 2018 au Niger, a surmonté l’épreuve de la captivité. Privé de sacrements, sans Bible ni bréviaire, il dit avoir fait l’expérience de la nuit obscure, mais, affirme t-il, la prière fut sa lumière.

Un peu plus d’an après sa libération, le missionnaire italien était de nouveau invité au “Palazzo Pio”, le siège de Radio Vatican, le 16 octobre dernier, où la Direction du Dicastère pour la Communication lui a remis une plaque, symbole d’amitié et d’estime, à l’occasion du 90e anniversaire de la Radio.

Une voix qui crie dans le désert

Le père Pierluigi Maccalli nous a livré être dans une phase de «reconstruction personnelle et spirituelle et de relecture de cette expérience». À la veille de la célébration de la naissance du Christ, il se remémore les deux fêtes de Noël passées aux mains de ses ravisseurs.

Il évoque «un temps de profonde solitude et de grand silence» et confie avoir beaucoup pensé à Jean-Baptiste, «celui qui crie dans le désert», le regard tourné vers le ciel en attendant que le chœur des anges entonnent « Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes qu’il aime » (Lc 2, 14).LIRE AUSSI11/11/2020

«Ma foi s’est renforcée» confie le père Maccalli, ancien otage

L’espérance chevillée au cœur

Cette année, la célébration de Noël aura une toute autre saveur et le père Maccalli souhaite la vivre dans une autre forme de silence, «loin du bruit et des lumières qui nous entourent», en transmettant la parole de Dieu «qui résonne aujourd’hui d’une autre manière».

Aux nombreuses personnes dans le monde encore en captivité, l’ancien otage souhaite, avant Noël, transmettre «cette espérance qui nous fait vivre». «Je me souviens de cette coupole d’étoiles contemplées dans le désert sous laquelle je me disais qu’il ne peut y avoir de nuit obscure tant qu’il y a une petite étoile».

La vulnérabilité ouvre un autre horizon 

Le père Maccalli exhorte à «ne pas oublier tous ceux qui sont victimes d’oppression et de violences» et rappelle que l’espérance est «cette lumière qui nous permet de ne pas laisser entrer les ténèbres dans nos cœurs». Sous cette voûte célesteseul dans le désert sahélien,il reconnaît avoir fait l’expérience de la vulnérabilité, à l’image de l’Enfant Jésus.

«C’est à travers la faiblesse et la vulnérabilité que j’ai perçu la présence de Dieu. Parfois la fragilité devient la possibilité de regarder au-delà. Une blessure peut être un espace ouvert pour percevoir une frontière qui est traversée par la souffrance mais qui ouvre un autre horizon».

Entretien réalisé par Hélène Destombes – Cité du Vatican