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RETOUR À KORHOGO





Cinq ans après l’avoir quittée le P. Pierre Boutin retrouve la ville de Korhogo. Il nous fait part de ses découvertes.

 

Transports

Samedi 28/10 : à 6 h 15, je démarre d’Abidjan, quittant l’agglomération poisseuse d’humidité. La portion d’autoroute jusqu’à Yamoussoukro (230 kms) est parfaite, seuls les 15 derniers kilomètres, encore en finition, sont en circulation alternée. Les seuls arrêts sont aux deux péages (2 € chacun). Pour la suite, vers Bouaké (106 kms), on revient sur l’ancienne route, fortement dégradée. On évite les trous qui percent le bitume pour tomber lourdement plus loin dans un autre qu’on n’avait pas vu ! Cela fait la fortune des vendeurs d’amortisseurs et de pneus.

De Katiola à Kanawolo la route est infecte, pleine de trous profonds dans lesquels il faut passer, tandis que les cars de transports vous font des appels de phares pour prendre le côté le moins dégradé. Le résultat, plus de 5 h de route et une hernie sur un pneu (à changer !).

A Korhogo, j’ai trouvé une ville avec une circulation intense et des signes de reprise économique qui n’existaient pas il y a 5 ans. Les barbelés ont disparu, les bâtiments en ruine ou squattés ont été rénovés.

Le lundi 30/10 : jour du marché traditionnel, j’ai pu renouer avec les encombrements qui voient les voitures se frayer lentement un chemin parmi les piétons qui occupent la chaussée. Un fait notable, les motos-taxis ont presque remplacé les taxis urbains. Il faut signaler aussi la multiplication des motos-triporteurs, qui remplacent, en ville, les pousse-pousse (charrettes à bras dites wotoro) et, en brousse, les charrettes sur pneus tirées par des bovins, et ce, pour aller au marché, chargés de bois ou de coton. En cinq ans, la ville de Korhogo s’est transformée, de nombreux axes ont été bitumés, que j’ai pu explorer en voiture.

 

Anecdote du coiffeur et vie quotidienne

J’ai voulu aller chez le coiffeur et suis donc retourné chez « figaro » qui avait ma pratique. L’échoppe sombre et torride (sous les tôles) était remplacée par une boutique climatisée. Le prix était le même (1,50 €) et on vous coupe en plus les poils des oreilles et du nez (atchoum !). Au lieu de souffler sur le matériel, il le nettoie aux U.V. entre chaque client. Ah le Progrès !

Les P. Gérard Boullery, Pierre Chassaigne et moi-même sommes allés rendre une visite de sympathie à M. Yèo Tènèna Victor, ancien député et maire-adjoint de Korhogo. Sa fille Irma est un pilier de l’Amicale sma de Côte d’Ivoire. Son épouse, Madeleine Elizabeth Ouandété, récemment décédée, ne sera enterrée que le 25/11 du fait de la dispersion de la famille. Elle était la petite fille de Louis Ouandété, catéchiste fondateur de la mission de Korhogo dont j’ai écrit une courte biographie en 2004.

Mardi 31/10 : lors d’une rencontre avec le conseil paroissial de Tioro, j’ai été présenté par le P. Charles Diarassouba, vicaire général.

Mercredi 01/11 : fête de la Toussaint, je célèbre ma première messe à Tioro. Le sénoufo, c’est comme faire du vélo, ça revient facilement et j’ai pu célébrer sans problème dans une langue que je n’avais pas pratiquée depuis 5 ans.

Dimanche 05 /11 : messe d’adieu à Mgr Marie Daniel Dadiet, évêque démissionnaire de Korhogo « pour raison de santé ».