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Noël en Egypte





Selon la tradition, l’Eglise copte a été fondée en l’an 43 par l’évangéliste Marc.

Le particularisme de l’Egypte se manifeste en matière de calendriers et de célébrations de Noël, avec une multitude de rites et de traditions qui caractérisent le christianisme de ce pays. Les chrétiens, qu’ils soient de rite latin, maronite, orthodoxe arménien ou chaldéen, célèbrent tous la fête de Noël le 25 décembre ; ceux qui sont de rite arménien le font le 6 janvier. Pour l’Église copte d’Egypte, (Orthodoxes et Catholiques constituent ensemble la deuxième communauté religieuse du pays avec 10 % de la population) la fête est célébrée le 7 janvier. En effet, l’Eglise copte suit le calendrier julien et non le calendrier grégorien. Noël se situe donc 9 mois après l’Annonciation (29 kîahk, 25 décembre du calendrier julien, 6 ou 7 janvier du calendrier grégorien).

 

Un jeûne de 43 jours

La nativité de Jésus Christ Fils de Dieu, né de la Vierge Marie est précédée d’un jeûne de 43 jours. Dans la tradition copte, ces 43 jours correspondent aux :

  • 40 jours de jeûne de Moïse dans le désert, avant de recevoir la parole de Dieu : soit les 10 commandements. Ainsi, les Coptes jeûnent pour se préparer à recevoir « La Parole de Dieu », Jésus -Christ, le Verbe incarné le jour de Noël.
  • Les 3 jours supplémentaires correspondent aux 3 jours de jeûne du Pape Abram Ibn Zaraa le Syrien (975 à 979 ap. JC) qui produisait le miracle du déplacement de la montagne de Mokatam au Caire, par l’intermédiaire de Saint Siméon le cordonnier, en réponse au défi lancé par le calife de l’époque Al-Mu’iz El Din et sauvant les coptes de ses menaces.
  • Les 29 derniers jours du jeûne se font durant le mois de Kiahk qui est dédié à la Vierge Marie. Durant ce mois, on chante plusieurs chants en l’honneur du Mystère de l’Incarnation et de la Vierge Marie ; dans lesquels on se commémore la vie de Marie ; en montrant la pureté de son cœur. Des soirées et des veillées sont organisées dans toutes les églises et monastères coptes orthodoxes pour chanter des cantiques et des psalmodies.

 

Durant les 4 dimanches qui précèdent Noël, les Coptes lisent les évangiles :

  1. L’Annonciation de la naissance de Saint Jean-Baptiste par l’Archange Gabriel à Zacharie (Luc 1, 1-25) ;
  2. L’Annonciation de la naissance du Seigneur Jésus-Christ par l’Archange Gabriel à la Sainte Vierge Marie (Luc 1, 26-38) ;
  3. La Visite de la Vierge Marie à Elisabeth sa parente (Luc 1, 39-56) ;
  4. La naissance de Saint Jean-Baptiste (Luc 1, 57-80).

Les 43 jours de carême prennent fin le jour même de Noel avec de grands festins et des concerts de musique un peu partout dans le pays.

Le 7 janvier, jour de Noël est férié en Égypte. Les familles visitent proches et parents et préparent des repas à base de riz, d’ail, de viande et de pain. Une ambiance de fête s’empare alors des quartiers coptes d’Alexandrie, du vieux Caire et surtout de la Haute Egypte.

La cuisine égyptienne est avant tout un mélange de nombreuses spécialités turques, grecques, syro-libanaises et italiennes. Il est difficile de parler d’entrée, du plat principal et de dessert dans un repas festif égyptien. Tous les plats sont normalement mis sur la table, et tous y piochent à volonté.

 

Les principaux plats qui habituellement garnissent une table de fête en egypte sont :

– la « tahina » (crème à base de sésame), le « hommos » (purée de pois chiches au sésame) et le « babaghanouj » (purée d’aubergines au sésame).

– Comme salades il y a la « salata baladi » (concombres, tomates, oignons, avec ou sans salade verte) ; la « salata zabadi » est un mélange de yaourt avec de l’ail, de fines lamelles de concombres et parfois une pointe de menthe ; les Égyptiens aiment aussi le « torchi », les aubergines frites à l’ail.

– La « mouloukheyya » est une soupe verte que chaque mère de famille agrémente à sa façon. Elle peut aussi être un peu gluante. Les Égyptiens la mangent avec du riz et du poulet grillé. La soupe préférée en hiver c’est la « chorbet ads » (soupe de lentilles corail).

– La « wara’ einab » est faite des feuilles de vigne farcies d’un mélange de riz, d’herbes, d’épices et parfois de viande que l’on consomme chaudes accompagnées d’une salade au yaourt.

Après un jeune de 43 jours, la viande et le poisson retrouvent la place d’honneur dans le repas de Noël. C’est ainsi que les spécialités comme : le « kebab » (de morceaux d’agneau grillé), la « kofta » (une longue brochette de viande de mouton haché) et le poisson, surtout la « samak », poisson local et les fruits de mer (en particulier la « gambari », genre de grosses crevettes grillées) sont dégustées avec appétit.

 

Les desserts

Les desserts égyptiens sont riches en calorie. La « mehallabeyya » (crème à base de farine de riz, parfumée à l’eau de rose, et parsemée de pistaches), le riz au lait, la très délicieuse « om’ Ali » (de très fines feuilles de pâte cuites baignant dans un lait très sucré et mélangées à de la noix de coco et à des pistaches) sont irrésistibles à tous. Il est important aussi de mentionner la « baklawa » (feuilleté arrosé de miel et fourré de pistaches ou d’amandes), la « konafa » (une sorte de pâte de pistaches, noisettes, noix… entourée de vermicelles et nappée de miel), la « basboussa » (semoule imprégnée de sirop) et les « atayefs » (petits beignets frits toujours fourrés de noisettes, de noix, de pistaches et nappés d’un sirop très sucré).

 

Les boissons

Pour boissons, la majorité d’égyptiens donne priorité à la « maya » l’eau en arabe, et au « karkadé », fleur d’hibiscus. Ceci est une infusion d’une fleur nubienne de couleur rouge foncé qui est ensuite très sucrée. Le « shay baladi » thé très sucré est une boisson très appréciée par tous, hommes et femmes : il est servi dans un verre, et il faut attendre qu’il se dépose. Les hommes aiment le café (« ahwa ») souvent préparé à la turque. Ceci dit, il est nécessaire de dire qu’on y trouve aussi de la « bira », la bière. Historiquement, la bière existe en Egypte depuis les pharaons. Ainsi, on y trouve plusieurs marques locales. Les bières et tout alcool sont vendus dans des espaces qui ont une licence. Etant une riche civilisation bien ancienne avec des vignes fruiteuse surtout à Alexandrie et dans une grande partie du Delta du Nil, l’Egypte peut aussi se vanter de ses propres crus. « Omar-khayyam » est un vin rouge traditionnel égyptien. Il y a aussi le cru des « Ptolémées » blanc et le « rosé Rubis » d’Égypte.

 

Du palmier au sapin

Bien que fête religieuse, Noël est aussi une fête traditionnelle, culturelle en Egypte. Tout le monde participe. Selon certaines opinions, son symbole principal est hérité d’une tradition locale. Les mêmes opinions postulent que « le sapin de Noël ; que l’on décore chaque année et au pied duquel les cadeaux sont déposés ; est inspiré du palmier égyptien. Le palmier à douze branches, une poussant chaque mois, est utilisé par les Egyptiens pour symboliser l’année qui passe. Lorsque cette tradition fut importée en Europe, il fut décidé d’utiliser un sapin pour représenter la pyramide égyptienne. La coutume de décorer le sapin de Noël provient également de la décoration traditionnelle des pyramides durant le solstice d’hiver en l’honneur de Saturne. »[1]

Même si les musulmans ne prennent pas part aux célébrations chrétiennes, ils participent tout de même aux festivités de Noël. C’est un moment intéressant où se mêlent plusieurs cultures et durant lequel tous les Égyptiens font la fête.